Les liaisons dangereuses : Quand le microbiote intestinal influence le cerveau …

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La peur, dans la plupart des cas, est contrôlée par l’amygdale du cerveau, un noyau pair situé tout près de l’hippocampe, dans la partie frontale du lobe temporal. Alors, si vous avez peur ou que vous êtes anxieux, la façon dont votre cœur palpite dépend de l’activité amygdalienne cérébrale. Selon une nouvelle étude, cette activité du complexe amygdalien est aussi influencée à son tour par quelque chose d’assez inattendu…

Une équipe de chercheurs de l’University College Cork a découvert comment le microbiote intestinal, l’ensemble des micro-organismes (bactéries, levures, champignons, virus) vivant dans le système digestif, peut avoir un effet sur la façon dont nous éprouvons et réagissons à la peur.

Des tests sur des souris :

Grâce aux progrès des techniques de séquençage à haut débit pour l’étude du génome, la recherche sur le microbiote connaît une explosion ces dernières années.

Quand le mircobiote intestinal influence le cerveau…

Plusieurs travaux ont montré son influence sur des pathologies comme l’obésité et le diabète ou encore les allergies alimentaires. Maintenant, on découvre aussi qu’il est lié aux sensations de peur et d’anxiété.

Les microbes intestinaux ne semblent pas apparaître uniquement avec la naissance, ils se développent aussi au fil du temps selon l’environnement dans lequel nous vivons.  Ainsi, les chercheurs de l’University College Cork ont élevé des souris dans des conditions stériles, dépourvues de germes intestinaux.

Les chercheurs ont constaté que ces souris manquaient de réponses à la peur. Quand elles ont été exposées à des situations qui dans les conditions normales les auraient fait fuir, les chercheurs n’ont remarquée aucune réactivité chez les souris. C’était comme si elles avaient oublié ce qui les faisait peur habituellement.

Bizarrement, après avoir été exposés à un écosystème de microbes, leurs réponses conventionnellement aiguës à des événements terribles sont revenues. Elles réagissaient de nouveau à tout ce qui les faisait peur avant.

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Voici ce que les chercheurs ont constaté en analysant le complexe amygdalien  de ces souris sans germes intestinaux :

Analysant la biochimie moléculaire de l’amygdale des souris sans germes, ils ont constaté qu’ils semblaient se livrer à une alchimie tout à fait différente de celle des centres de peur des souris classiques.

Les gènes qui étaient autrefois silencieux ont été soudainement et anormalement activés, et dans l’ensemble, toute la section du cerveau a montré une augmentation de l’activité neuronale.

Le comportement et l’activité intestinale :

Des recherches antérieures ont suggéré qu’il existe des liens entre les microbes intestinaux  et le comportement. Au cours d’une étude canadienne remontant à 2012, l’équipe a conduit une expérience qui exploite le fait que deux souches de souris n’ayant pas le même comportement naturel diffèrent également par la composition de leur flore intestinale.

Les souris d’une souche sont timides et anxieuses alors que celles de l’autre souche montrent une grande tendance à explorer leur environnement. Élevées dans des conditions stériles, les deux souches de souris, dépourvues de germes intestinaux, ont été transplantées avec le microbiote intestinal de l’une ou l’autre souche. Résultat : les chercheurs ont inversé le comportement des rongeurs, les souris timides devenant de vraies exploratrices et vice-versa.

Les humains et les souris ont tous deux des microbiomes, les deux ont des systèmes digestifs, et les deux ont également un complexe amygdalien. Cela signifie que ce qui s’applique à des souris peut aussi s’appliquer aux humains.

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